
C’était le 24 août 2022, lorsque je me rendais dans les vignobles d’Alain REAUT, producteur de champagne :
une journée très instructive avec un spécialiste qui travaille différemment et en harmonie avec la nature, ses éléments et ses cycles… Alain nous explique leur façon d’aborder la biodynamie, le fait d’intensifier la vie des sols par le labour, le grattage et l’ajout de compost. Et puis la dimension plus subtile qui considère le végétal sans son environnement global : de l’atmosphère jusqu’aux couches supérieures du cosmos, les planètes, les étoiles.
En effet, la vigne, organisme vivant, ne se nourrit pas seulement des forces « d’en bas », venues de la terre, mais aussi et surtout de celles « d’en haut » : l’air, la lumière et la chaleur. Les soins sont des préparations de type homéopathique à base de plantes (ortie, prêle, achillée millefeuille, valériane) et de minéraux (silice). Ils peuvent par exemple intensifier l’enracinement de la vigne jusqu’au substrat rocheux d’où seront extraits les arômes les plus subtils du terroir.
Elle intègre les rythmes planétaires à son horaire de travail et optimise ainsi l’efficacité de ses interventions. Lorsqu’on parcourt les vignes avec lui, il est surprenant de voir la différence entre ses parcelles et d’autres, conduites en chimie. Sur les parcelles conventionnelles, les espaces entre les vignes sont ravinés par les pluies car les sols compactés n’absorbent pas l’eau. Le sol des parcelles d’Alain est aéré et la terre est grumeleuse comme une terre de sous-bois. Dans les collines, c’est le plus frappant. L’eau qui s’engouffre entre les rangs de vignes chimiques entraîne la couche supérieure du sol. On observe alors de profonds ravins qui exposent une partie des racines. On a presque l’impression de voir des vignes hors sol qui ne tiennent ensemble que par les fils !!! Les Alain sont bien ancrés dans un sol meuble, bien aéré et qui absorbe l’eau. Malgré la pente, le sol n’est pas enfoncé.


